Les gardiens des estampes de Dông Hô à Hanoi

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Agé plus de 80 ans, le vieux maître Nguyen Huu Sam peint encore des estampes

Le village de Dông Hô, situé à 40 km de Hanoi, est connu pour le métier traditionnel de fabrication des estampes populaires. Apparu dès le 16e siècle, ce patrimoine national est actuellement dans le creux de la vague. Il demeure cependant quelque familles fidèles à la tradition de fabrication des images populaires.

Les fameuses estampes de Dông Hô sont réalisées à partir de planches xylographiques qui sont ensuite colorées. Les couleurs de ces estampes proviennent de la nature. Les artisans brûlent des feuilles de bambou ou de la paille pour obtenir le noir; le vert-de-gris donne le vert; et l’indigo, le bleu…

Le nombre de couleurs correspond à celui des planches xylographiques. Celles-ci sont en plaqueminier, un bois souple et résistant. Le papier «do» utilisé pour l’impression des estampes doit être de bonne qualité et traité par les artisans. Ils enduisent ce papier de poudre de coquillage, ce qui lui permet d’avoir des reflets changeants sous la lumière du soleil.

Autrefois, à chaque Têt traditionnel, les Vietnamiens décoraient leur maison avec des estampes du village de Dông Hô. Avec ces images populaires, on rêvait d’une vie heureuse et prospère. Par exemple, on souhaitait une famille nombreuse en s’imaginant celle d’une poule, des travaux agricoles réussis à l’image du troupeau de cochons des estampes.

Les thèmes des estampes de Dông Hô sont très variés, reflétant la vie, les us et coutumes, les croyances de la population. Les images sont simples, familières, et portent l’empreinte des Vietnamiens. Leur force est de séduire aussi bien les Vietnamiens que les touristes étrangers.

Autrefois, le village comptait 17 lignées perpétuant le métier. Il n’en reste aujourd’hui plus que deux, celles de Nguyên Dang Che et de Nguyên Huu Sam.

Nguyên Huu Sam fait des images populaires dès l’âge de 4 ou 5 ans. Sa famille pratique ce métier depuis des générations et son amour pour les estampes a été transmis à son fils Nguyên Huu Qua, qui hérite à son tour du patrimoine familial. Le jeune artisan est conscient que c’est un chemin juste mais loin d’être évident.

« Je souhaite une certaine renaissance du métier traditionnel de notre village. Le village entier qui produit des images populaires comme autrefois, c’est une utopie, mais un hameau qui le conserve pour que tout le monde puisse profiter de l’ambiance du métier et que les touristes apprécient ce patrimoine culturel, pourquoi pas?”, a confié l’artisan Nguyên Huu Qua.

Les estampes du village de Dông Hô sont tombées dans l’oubli, et rares sont celles qui restent fidèles au métier traditionnel. Mais depuis quelques années, de nombreux Vietnamiens, dépassant les nombreuses occupations de la vie moderne, veulent retrouver la simplicité, les valeurs de la culture traditionnelle par l’intermédiaire de cet art populaire.

Nguyên Huu Son, domicilié dans la ville de Bac Ninh, a entendu parler des estampes populaires du village de Dông Hô dès son enfance. Il les aime car elles sont belles et attachées aux traditions. Il achète maintenant des estampes pour décorer la maison à l’occasion du Têt, cela donne une ambiance de fête.

C’est l’amour de plusieurs générations d’artisans du village de Dông Hô qui a permis à ces estampes populaires de retrouver une certaine rigueur. Grâce à ces gardiens du patrimoine, les jeunes d’aujourd’hui peuvent encore contempler ces images traditionnelles, sans altération.

Source: VNA

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