Les banh dày de Nà Tau

Les banh dày de Nà TauLe banh dày est un gâteau de riz pilé de forme ronde, symbolisant la lune et le soleil, les deux éléments primitifs qui sont à l’origine de l’être humain dans les croyances Mong. Dans le hameau de Nà Tau, dans la province de Dien Bien, on confectionne des banh dày à l’approche du Têt ou à la fin des récoltes.

Giàng A Cho est encore tout à la joie de la victoire ! Les jeunes de son hameau  – Nà Tau, donc – viennent de remporter haut la main un concours de confection de banh dày, un concours organisé en marge de la fête des ethnies de la province de Dien Bien. « C’est une coutume, nous raconte Giang A Cho. A l’approche du Nouvel An lunaire, on prépare les ingrédients. Il faut plonger le riz dans l’eau, le faire cuire à vapeur et puis le pilonner dans des égrugeoirs. Tout le monde aime le banh day, jeunes comme moins jeunes. C’est un plat qui présente l’avantage de pouvoir se conserver longtemps. Même lorsqu’il a perdu de sa souplesse, il suffit de le faire revenir à feu doux pour obtenir un goût croustillant. Mais le fin du fin, c’est d’utiliser du riz parfumé : un véritable régal ! »     

Les banh dày de Nà TauA Nà Tau, il y a une bonne dizaine de groupes spécialisés dans la confection des banh dày. Ils ne ratent presque aucune compétition de la province. Cette année, deux groupes ont été désignés, chacun comprenant deux femmes et autant d’hommes. Aux premières le modelage, aux seconds le pilonnage. « Nous avons préparé du riz hier soir et on l’a cuit ce matin, nous fait savoir Vàng A Thang, qui fait partie de ces groupes d’artisans-pâtissiers. Il faut pilonner le riz pendant 10 ou 15 minutes. Les pilons sont très lourds. Ils pèsent entre 30 et 40 kilos. C’est fatigant, mais on est si fier quand on remporte la compétition ! »

Modeler des petits gâteaux de forme ronde, ça n’a donc rien d’une sinécure ! Qui l’eût cru ? Une fournée nécessite toute une journée parfois !

« Les meilleurs banh dày nécessitent un riz de très bonne qualité, indique Giàng Thi Kia, l’une de ces jeunes de Nà Tau qui participent tous les ans à la compétition de banh dày. On sélectionne soit du riz violet, soit du riz blanc, avec des grains bien formés. Après une journée dans l’eau, le riz est cuit à la vapeur pendant une heure pour être assoupli. Avant de piler, on enduit les pilons de jaunes d’œufs. On pilonne le riz quand il est encore chaud. Sinon, les gâteaux deviennent très secs. »  

Les rythmes tumultueux des pilons retentissent dans tout le hameau Nà Tau, où ce fameux gâteau de riz gluant n’a de secret pour personne. Le banh day, souvent enveloppé d’une feuille de phrynium, est de toutes les fêtes. « On met les banh dày sur l’autel comme offrande pour les ancêtres. C’est un plat qu’on partage lors des fêtes, mais aussi de l’anniversaire de la mort de nos aïeux. La tradition veut qu’on mette un grand banh dày, d’un diamètre correspondant à un panier, sur l’autel. Ce type de gâteau fait plaisir aux vivants comme aux morts. » dit Giàng A Cho.

Si pour les Kinh, les banh chung sont indispensables au Têt, pour les Mong, il faut un banh day pour faire oblation aux génies et aux ancêtres. Les Mông ne marquent pas vraiment le passage à la nouvelle année, mais plutôt le premier chant du coq du premier jour de l’année. Dès le 29ème jour du dernier mois lunaire, ils commencent donc à préparer le riz. Après quoi, les pilons entrent en action dans une liesse collective qui atteint son paroxysme au moment de célébrer la nouvelle année, gâteau en bouche !

 Source: VOVworld

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